Les négociations conventionnelles entre l’Assurance maladie et les représentants des infirmiers libéraux connaissent de fortes tensions. Les deux syndicats représentatifs, la FNI et le Sniil, estiment que les propositions de la CNAM sont largement en deçà des attentes de la profession. Si leurs stratégies diffèrent — le Sniil ayant décidé de suspendre sa participation tandis que la FNI poursuit les discussions — les deux organisations dénoncent un manque d’ambition face aux enjeux actuels de l’exercice libéral.
Au cœur du désaccord figure notamment la question des revalorisations tarifaires. Les syndicats soulignent que les actes infirmiers n’ont pas été revalorisés depuis près de 17 ans, alors même que les IDEL assument des responsabilités croissantes : suivi des patients chroniques, maintien à domicile de situations de plus en plus complexes, participation au virage ambulatoire ou encore réponse aux déserts médicaux. Dans ce contexte, la hausse envisagée par la CNAM — estimée autour de 5 % — est jugée très éloignée des 20 % demandés par la profession. Les organisations professionnelles pointent également le décalage entre les nouvelles compétences prévues par la loi infirmière de 2025 (consultation et prescription infirmières notamment) et les délais envisagés pour leur rémunération, qui ne serait effective qu’à partir de juillet 2027.
Cette situation intervient dans un contexte économique tendu pour les cabinets libéraux, marqué par l’inflation et une baisse des revenus constatée par plusieurs enquêtes professionnelles. Les syndicats appellent donc à une révision du cadre budgétaire afin de reconnaître pleinement le rôle stratégique des infirmiers libéraux dans le système de santé. Les négociations doivent se poursuivre jusqu’au 31 mars, date limite pour parvenir à un accord. À défaut, certaines revalorisations pourraient être repoussées à 2027, tandis que des actions de mobilisation des IDEL sont déjà envisagées pour peser dans les discussions.