Une pétition en ligne pour interpeller les candidats à la présidentielle, deux morts : une semaine infirmière.

 

Le croirez-vous ? Cette semaine s’est placée à nouveau sous le sceau de la grogne et du malaise soignant : Pendant que certains s’unissent pour monter une pétition afin d’interpeller les candidats à la présidentielle (La santé, grand oublié de 2007, 2 012, 2 017 ?), d’autres se font poignarder par des patients en pleine consultation ou se jettent du huitième étage.

 

 

Une pétition en ligne pour tous les infirmiers

Les quatre « blogueuses stars » de la profession infirmière (La seringue atomique, la petite infirmière dans la prairie, c’est l’infirmière et Mlle Peggy) se sont réunies pour écrire un texte  qu’elles veulent présenter aux candidats à la présidentielle sous forme de manifeste/ pétition. Le texte reprend 3 types de travail infirmier (étudiant, clinique privée, ; libéral) et égrène trois types de malaise, voire de souffrance.

« La santé française est malade et les soignants sont en souffrance de devoir se battre à conjuguer santé et rentabilité en vue de combler le sacro-saint trou de la sécu que l’État s’évertue à combler en y jetant les blouses blanches et la qualité de tes soins. La santé de tous est en danger, sans moyens pour mieux vous soigner et sans vous à nos côtés, ce sont vos soignants et votre santé que vous condamnez ! »

L’objectif de la pétition serait bien sûr de recueillir 600 000 signatures (soit autant que d’infirmières en France) et elle a déjà dépassé ce jour les 7 000. L’occasion pour LCI de se demander « Pourquoi les soignants font les buzz sur internet ? » et d’aller chercher Stéphane Hugon « sociologue spécialiste des réseaux sociaux » qui explique :

« Si ces messages trouvent autant d’écho, cela provient avant tout de l’imaginaire collectif. "Lorsque l’on dit "infirmier", on imagine souvent une infirmière, une femme", rapporte le sociologue. "Que ce soit à tort ou à raison, les infirmières ont souvent une relation parent-enfant avec leurs patients", poursuit-il. Et logiquement, ces patients, ces Français, réagissent avec compassion au malaise de "la mère", de la "protectrice". "C’est un réflexe infantile".

Voilà, voilà…

Deux morts en une semaine

D’abord c’est un infirmier qui s’est jeté du 8° étage de son hôpital, sur les lieux même du suicide d’un médecin il y a quelques mois. On ne sait pas encore quel est le lien entre la profession de cette personne et son acte suicidaire (qui serait aussi lié à sa situation personnelle) mais cela a touché toute la profession, jusqu’à l’ordre infirmier qui a publié un communiqué.

Quelques jours plus tard c’est un médecin généraliste qui a été poignardé par un patient pendant une de ses consultations, semant consternation et stupeur à nouveau dans la profession et dans la population. Ce fut aussi l’occasion pour la presse locale de se demander quelles sont les conditions de sécurité des soignants qui interviennent à domicile, réponse : aucune (mais merci d’avoir posé la question).

Et sinon…

Pour se rassurer un peu, si c’est possible, à la rédaction on a aimé cette histoire d’infirmière qui s’est passée en Belgique : appelée en urgence car une de ses patients montrait des signes d’hémorragie cérébrale, une infirmière a sauté dans sa voiture pour la secourir. Mais la mairie, au lieu de la féliciter pour son dévouement, lui a mis une prune… Car elle était mal garée.

À la redac on se dit que l’infirmière devrait faire payer la prune à sa patiente, après tout tôt ou tard c’est bien eux qui « vont payer » alors autant s’y mettre tout de suite non ?

À la semaine prochaine !

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