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  • La vaccination en pharmacie passe mal, les défaillances de cabinets d’infirmiers libéraux explosent et l’ordre infirmier vient en secours aux infirmiers de saint Martin : une semaine infirmière !

    Alors que le ministère de la Santé annonce déjà la réussite de cette expérimentation , l’autorisation de vacciner par les pharmaciens passe toujours aussi mal auprès des infirmiers libéraux. En même temps, alors que les signes de reprise économique s’accumulent le nombre de cabinets d’infirmiers libéraux déclarés en défaut de payement explose de 53 % au troisième trimestre 2017. Enfin le président de l’ordre infirmier a pris l’avion pour apporter de l’aide et du matériel aux infirmiers de saint Martin.

     

    La vaccination en pharmacie passe mal

     

    Deux articles sont passés cette semaine sur la grogne des infirmiers dans le Puy de dôme et dans la Loire face à l’autorisation de vacciner contre la grippe pas les pharmaciens.

    « Il faudra regarder, fin janvier, s’il y a eu une augmentation de la couverture vaccinale et surtout qui s’est fait vacciner parce que si ce sont seulement ceux qui se faisaient vacciner par les infirmiers, on aura juste déplacé l’enveloppe, déplacé la rémunération. On est en train de déshabiller les infirmières pour habiller les pharmaciens ! »

     

    53 % de défaillances chez les « infirmiers et les sages-femmes » au troisième trimestre 2017.

     

    Cela partait pourtant comme une bonne nouvelle, au troisième trimestre 2017 le nombre d’entreprise en « défaillances » a baissé de 5.2 % au niveau national ce qui est un signe historique de reprise économique.

    Note : Une entreprise est en situation de défaillance ou de dépôt de bilan à partir du moment où une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son encontre. Cette procédure intervient lorsqu’une entreprise est en état de cessation de paiements, c’est-à-dire qu’elle n’est plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Mais il ne faut pas confondre la notion de défaillance et la notion de cessation. Un jugement d’ouverture de procédure de défaillance (dépôt de bilan d’une entreprise inscrite dans le cadre d’une procédure judiciaire) ne se résout pas forcément par une liquidation. Ainsi, Toutes les défaillances ne donnent pas des cessations. Toutes les cessations n’ont pas donné lieu à une défaillance. (Source insee )

    Mais comme le petit village gaulois dans Astérix, un seul secteur va à l’encontre de cette embellie généralisée : les entreprises de soins infirmiers et de sages-femmes qui enregistrent une augmentation de + 53 % de défaillances sur la période. Donner une explication claire est bien sûr difficile et hasardeux, cependant on ne peut nier que « quelque chose se tend » dans la profession et plus que jamais, pour ceux qui ont le projet de s’installer en libéral, il ne faut pas hésiter à se former et à s’informer pour sécuriser son projet par exemple en participant à la prochaine journée inflib de préparation à l’installation le 23 novembre.

     

    L’ordre infirmier au secours des infirmiers libéraux de saint Martin

     

    Après le passage d’Irma et Maria, l’Ordre des infirmiers a tenu à manifester sa solidarité : « La communauté infirmière nationale rend hommage à la mobilisation de tous les infirmiers qui travaillent et vivent dans des conditions très difficiles. Je tire mon chapeau à tous les professionnels de santé et plus particulièrement aux infirmiers libéraux qui après le passage du terrible ouragan Irma n’ont pas hésité à prendre leur sac à dos pour intervenir auprès de la population dans le besoin » a déclaré Didier Borniche, Président du Conseil National de l’Ordre des Infirmiers, lors de sa visite dimanche 22 octobre à Saint-Martin.

    Afin de soutenir au mieux les infirmiers (e) s de Saint-Martin, mais aussi de les encourager à rester, plusieurs mesures ont été prises :

    – Création d’une « enveloppe d’entraide d’urgence » ;

    – Mise à disposition de matériel informatique ;

    – Priorité pour le rétablissement des réseaux téléphonique et Internet et pour les travaux d’urgence relatifs au logement (Un grand deux-pièces peut atteindre les 3 500 euros par mois. Dans certaines circonstances, le malheur des uns, fait véritablement le bonheur des autres…).

     

     

    Le détournement sexuel du Vicks Vaporub…

     

    À la rédaction c’est l’article qui nous a fait rire toute la semaine : des gynécologues du « Royal College of Obstetricians and Gynaecologists » (en Angleterre donc…) mettent en garde les soignants contre un mésusage dangereux du médicament Vicks Vaporub qui se développe actuellement en Angleterre.

    En effet des petits malins ayant bien senti que le Vicks Vaporub « ça chauffe et ça picote » ont eu l’idée (géniale, forcément géniale) de s’en mettre… Partout. Créant évidemment des risques assez importants d’infection par modification de la flore vaginale. Bref, en Angleterre, quoi qu’il arrive, au moins l’hiver sera chaud…

     

    À la semaine prochaine !

     

     

  • L’ONSIL est-il vraiment hors jeu ? Pourquoi faut-il encore voter ? Que deviennent les infirmiers libéraux quand ils raccrochent la blouse ?

     

    Cette semaine les négociations conventionnelles continuent à se préparer avec les résultats de l’enquête de représentativité ; l’ordre infirmier appelle à voter pour remplacer la moitié de ses conseillers et un ancien infirmier libéral refait parler de lui…

     

     

     

     

    Représentativité : l’ONSIL est-il vraiment hors jeu ?

    Avant de démarrer des négociations conventionnelles entre les infirmiers libéraux et l’UNCAM (Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie soit l’union CPAM, MSA et RSI),  "une enquête de représentativité" est faite pour savoir qui sont les syndicats représentatifs qui pourront entrer à la table des négociations. Cette année sans surprise, avec moins de 10 % aux dernières élections URPS, l’ONSIL a perdu son statut de syndicat représentatif. Beaucoup en ont conclu qu’il serait absent des prochaines négociations conventionnelles qui commencent le 12 juillet mais cela est peut-être un peu compliqué que prévu…

    En effet cette enquête de représentativité a été faite en vue de mener de négociations sur une nouvelle convention mais entre-temps le législateur semble avoir changé son fusil d’épaule et se diriger vers la rédaction d’un avenant à la convention en cours (ce serait alors le 5°) plus que vers une nouvelle convention. Or, jusqu’à présent il est d’usage que seuls les syndicats qui ont signé la convention, signent les avenants et à l’inverse si un syndicat ne signe pas la convention, il ne peut pas signer les avenants qui suivent (c’est déjà arrivé plusieurs fois). Donc jusqu’à présent il y a un lien fort entre les syndicats qui ont signé la convention et la vie de celle-ci et on ne voit pas bien comment un syndicat signataire de la convention d’origine pourrait être exclu de la signature d’un avenant à cette même convention…

    Mais reste à savoir aussi comment se répartissent les forces entre syndicats si on signe "que" un nouvel avenant qui prolonge la convention : doit-on rester sur ce qu’il était en 2007 ou bien évolue-t-il ? Et sur quelles bases ? L’idée de prolonger une nouvelle fois la convention de 2007, parce qu’elle est inédite sur bien des points, semble donc donner plus de questions que de réponses.

    L’ordre infirmier renouvelle la moitié de ses conseillers.

    Depuis le 14 et jusqu’au 29 juin, les infirmières sont appelées à renouveler la moitié de leurs représentants départementaux. 220 000 infirmiers sont ainsi appelés à voter par voie électronique (il s’agit des infirmiers inscrits à l’Ordre avant le 29 avril 2017) pour élire 358 représentants titulaires (et autant de suppléants), dont la durée de mandat est de 6 ans, dans 56 départements et interdépartements. Pour respecter l’égalité homme/femme, les élections ont lieu par binômes comprenant un membre de chaque sexe (ce qui dans une profession à plus de 80 % féminine pose des questions sur la « représentativité » mais ce n’est qu’un détail…).

    Pour plus de renseignements sur le vote électronique en lui-même, rendez-vous sur le site de L’ONI.

    Et sinon ? KaouSmart : Il y a une vie après le libéral !

    Nous avions déjà croisé Romain du temps où il était infirmier libéral et pris dans un conflit avec la CPAM, le plus « « étonnant » » qui soit (et qui d’ailleurs n’a pas fini de rebondir sur toute la profession). À l’époque, dégoûté et saigné à blanc après des années de travail non-stop, il nous avait dit avoir posé sa plaque et être parti sur d’autres projets. C’est donc avec plaisir que nous l’avons vu revenir nous voir avec son nouveau projet « KaouSmart » (un projet de fenêtre en kit autobloquante facile à monter pour sécuriser les chantiers en attendant la pose des huisseries) que vous pouvez découvrir sur une vidéo. Il n’a plus vraiment besoin des infirmiers mais il a besoin de faire connaître son projet alors si vous avez des artisans autour de vous n’hésitez pas à lui montrer cette vidéo, sûr que ça lui parlera…

    À la semaine prochaine !

  • Votez ! Une semaine infirmière

    Après quinze jours de débats pour les moins houleux mais dont – au fond – il ne reste pourtant pas grand-chose, chacun se retrouve devant un choix à faire. Cette semaine à nouveau, pour vous aider à faire votre choix, nous avons donc trouvé une bonne vidéo synthétique des deux programmes. Mais peut être que toute cette politique, tous ces débats toute cette effervescence démocratique vous a donnée envie de vous engager et ça tombe bien car justement les élections à l’ordre infirmier arrivent. Et sinon ? Heureusement que les Bretons sont là pour nous faire rire.

     

    Une vidéo pour comparer les programmes.

    Pour tout dire, cela paraît un brin absurde tant la question de la santé (comme celle de l’écologie, comme celle de la culture, comme celle de l’éducation…) n’a pas l’air au centre des préoccupations des deux candidats en lice pour la fonction suprême. Mais enfin, par acquit de conscience, France TV info publie cette très bonne vidéo issue de l’émission de télévision « allô docteur » qui met en parallèle les (maigres…) programmes santé des deux camps. Et, surprise incroyable, dans aucun des deux camps le mot « infirmier » n’est prononcé car « la santé en France » ce sont les médecins, les lunettes, les dentiers et l’hôpital… CQFD.

    Cependant, on ne peut oublier non plus que chacun de ces deux programmes ne s’appliquera que si le ou la candidate devenu (e) président (e) a une majorité suffisante au parlement pour l’appliquer. Donc, dis autrement, l’élection ne fait au fond que commencer alors qui sait ? Peut-être que la santé va être au centre de la campagne des législatives ? « Le rêve est la satisfaction d’un désir » disait Sigmund Freud. C’est donc ça.

    S’engager pour la profession infirmière

    L’une des constantes dans cette campagne présidentielle a été le rejet des « élites » et du « système », mots-valises fourre-tout hallucinants dont personne ne connaît le sens exact sauf à dire que « lui, il n’en fait pas partie… ». Mais enfin, pour résumer, « le peuple » rejetterait ceux qui le représentent et ne se sentirait plus représenté par ses représentants. Eh bien cela tombe bien car le 29 juin 2017 auront lieu des élections ordinales infirmières, l’occasion, donc pour le « peuple » des infirmiers de choisir des représentants qui les représentent et, pourquoi pas, des gens qui ne sont pas étiquetés par un syndicat ou un parti, des gens qui voudraient juste s’engager pour faire avancer la profession et l’intérêt général au mépris des intérêts particuliers, rendre service aussi à ses collègues en les renseignant et en les aidant concrètement à résoudre les conflits à l’amiable. « Le rêve est la satisfaction d’un désir » disait Sigmund Freud, oui bon ça va.

    Tous ceux qui le souhaitent peuvent donc présenter librement leurs candidatures aux élections ordinales jusqu’au 15 Mai dernier délais et le vote en lui-même aura lieu par voie électronique du 14 au 29 juin. Il y a 358 titulaires à élire, dans 56 départements et l’engagement est d’une durée de 6 ans.

    Et sinon ?

    Ah ! Ils ont des chapeaux ronds alors vive les Bretons ! Et vive ce breton en particulier qui a égayé notre semaine à la rédaction (et ce n’était pas si simple) en prenant la rocade Nantes Lorient en voiture, tous feux éteins mais en éclairant la route… Avec la lampe de poche de son portable ! Bon, il faut dire qu’il n’avait plus de pare-chocs et plus de phare alors bon, bien obligé quoi !

    À la semaine prochaine ! (Et gare aux Bretons sur la rocade !)

  • La guerre contre l’ordre reprend de plus belle et une infirmière libérale a été agressée dans sa voiture : Une semaine infirmière.

    Il aura suffi d’un projet de décret devant rendre l’ordre infirmier officiellement obligatoire pour que la profession se mobilise à nouveau contre lui. En région parisienne, une infirmière libérale qui travaille dans un « quartier difficile » a été agressée directement dans sa voiture et sinon, au cas où quelqu’un se poserait la question, aux états unis un juge a tranché : prier n’est pas soigner !

     

     

     

     

    La guerre contre l’ordre Infirmier reprend

    Tout est parti d’un vide juridique que l’ordre a voulu combler (comme nous les raconte espace infirmier et Actusoins) : alors que depuis 2009 et la loi PST « Nul ne peut exercer la profession d’infirmier s’il n’est pas inscrit au tableau de l’Ordre » (comme en ont fait l’amère expérience certains infirmiers) une partie du même texte, celle qui dit que l’ONI « a un droit d’accès aux listes nominatives des infirmiers employés par les structures publiques et privées, et peut en obtenir la communication » n’avait jamais été rendu applicable par la publication d’un décret (en droit français chaque loi votée doit être suivie d’un décret d’application pour être applicable. Et il y a parfois un certain temps, voire plusieurs années, entre ces deux dates mais tant que le décret n’est pas paru, la loi ne s’applique pas). L’ONI a donc saisi le Conseil d’État pour exprimer que le temps « raisonnable » depuis la publication de la loi était probablement dépassé (9 ans !). Le 24 mars 2017 le Conseil d’État a donc donné raison à l’ONI et enjoint le ministère de la santé de publier ce décret, et le ministère de la santé a répondu que "le travail pour la rédaction de ce décret s’engageait ».

    À terme cependant l’inscription "dite automatique est seulement provisoire ; L’employeur ne pourra pas inscrire définitivement un infirmier et le professionnel devra confirmer son inscription notamment en s’engageant à respecter le nouveau code de déontologie de la profession », explique Karim Maméri secrétaire général du conseil national,qui salue une « réelle victoire » dans cette décision.

    Toujours opposés à l’ordre, le collectif CGT de Limoges et force ouvrière ont publié un texte très ferme d’opposition rappelant qu’ils ne veulent pas payer pour travailler » et en Aveyron un collectif de syndicat invite les infirmiers à manifester à Rodez le 19 avril pour être reçus par le préfet afin d’exprimer leur opposition à l’ordre.

     

    Une infirmière agressée dans sa voiture

    « Un homme fait semblant de traverser la rue et l’infirmière s’arrête. Un complice se porte alors à hauteur de la portière avant de la Clio, pointe un pistolet sur la tempe de la conductrice et lui demande de quitter son véhicule. La victime tente de négocier : « je suis infirmière, j’ai besoin de ma voiture, des gens malades m’attendent », mais son agresseur lui rétorque « Je n’en ai rien à foutre, descends, sinon je te colle une balle quand même. »

    C’est le récit glaçant, que nous rapporte Le Parisien, de l’agression d’une infirmière qui travaille dans un « quartier sensible » du sud est de Paris. Encore sous le choc l’infirmière a tout de même repris le travail, car elle est très isolée dans cette partie de la ville ou plus personne ne veut venir travailler…

    « À cause d’une ou deux personnes, c’est tout un quartier qui pâtit ensuite d’une mauvaise réputation, regrette celle qui, à 32 ans à peine, est victime de sa première agression en trois années d’exercice dans les cités. La preuve, les gens nous supplient parfois de venir leur apporter des soins parce qu’aucun autre cabinet n’accepte de venir aux Tarterêts. »

    La semaine dernière, en alsace, une autre infirmière libérale a été agressée à l’arme blanche par un de ses patients.

    Et sinon ? Prier n’est pas soigner !

    Ce qu’il y a de bien aux états unis c’est que tôt ou tard tout se termine par des procès ou des prières… Même les soins infirmiers ! C’est l’histoire que nous rapporte « l’observatoire chrétien » où une infirmière qui avait été exclue d‘un hôpital parce qu’elle demandait à ses patients de prier a attaqué l’hôpital pour contester cette décision. Et à la rédaction on apprécie beaucoup l’argument de l’avocat qui défend sa (trop) chrétienne cliente « Une infirmière sans compassion serait indigne de ce nom. En plus d’accomplir ses tâches principales, une bonne infirmière essaie de trouver des mots agréables à dire à son patient !» Il fallait oser mais pas de chance, l’infirmière a tout de même été exclue.

    À la semaine prochaine !

  • La sécurité des infirmiers doit être la priorité du quinquennat, une libérale se fait poignarder et un concours d’ifsi a refaire : une semaine infirmière !

    Après une enquête menée auprès de ses membres, lundi 3 avril, l’ordre infirmier a dévoilé les 9 priorités pour les infirmiers pendant le quinquennat à venir. En tête de ces priorités il y a la sécurité physique et justement, le lendemain, on a appris qu’une infirmière libérale s’est fait poignarder par un de ses patients.

    En même temps, à Tours, suite à un couac administratif, c’est tout un concours qui a été annulé, au grand dam des participants.

     

     

    L’ordre infirmier demande la sécurité en priorité.

    Il y a quelques semaines l’ordre infirmier a fait circuler sur internet un questionnaire à ses membres pour connaître leurs attentes quant au quinquennat à venir. Ils ont rendu le rapport de cette enquête lundi, d’après eux la priorité absolue pour les infirmiers est donc la sécurité :

    « Que ce soit à l’hôpital ou dans les soins à domicile, nous observons une montée des violences envers les infirmiers. La dégradation de nos conditions d’exercice représente une menace grave pour la qualité des soins. Nous souhaitons que les forces de l’ordre, la Justice et les établissements de santé agissent en conséquence (tolérance zéro) et réclamons l’allocation de crédits dédiés afin notamment de mettre en place :

    – Des systèmes connectés d’alarme.

    – Un plan de formation préventive pour l’ensemble des infirmiers qui se déplacent au domicile des patients.

    Par ailleurs, la couverture sociale contre certains risques liés à notre activité est trop faible. Nous souhaitons :

    – Une prise en charge mutualisée des accidents d’exposition au sang et aux virus.

    – Une couverture maternité supplémentaire pour les infirmières libérales. »

    L’ordre se fait fort de proposer les résultats de cette enquête (et les 8 autres priorités) aux candidats à la présidentielle, à suivre donc.

    Une infirmière poignardée

    Comme un triste écho à ce rapport de l’ordre infirmier, on a appris qu’une infirmière du bas Rhin a été poignardée pendant sa tournée. Elle venait le voir pour lui distribuer ses traitements (dans le cadre, apparemment, d’une pathologie psychiatrique) mais son patient l’attendait derrière la porte et l’a frappé trois fois avec une arme blanche. L’infirmière a été admise aux urgences en état critique selon nos confrères des dernières nouvelles d’alsace.

    Sur son blog, en six lignes, Marisol Touraine a exprimé son soutien et ses vœux de rétablissement à cette infirmière.

    Et sinon ?

    Concours infirmier à Tours : On efface tout (par SMS) et on recommence !

    Sale histoire et belle galère pour les 1 800 aspirants infirmiers qui étaient venus passer le concours à Tours. Quelques jours après les épreuves écrites ils ont reçu un SMS (!) leur demandant de revenir passer leur concours… Suite à une erreur technique dans la distribution des sujets (apparemment une dizaine de sujets, étaient différents des autres).

    Le CHRU n’envisage pas de rembourser ceux qui ne pourront pas se déplacer et les salariés qui avaient pris un jour de congé pour passer les épreuves n’ont qu’à recommencer… Bref, bienvenue dans la profession les futurs infirmiers !

    À la semaine prochaine !

  • Une enquête sur le vécu des infirmiers, une collègue condamnée pour ne pas être inscrite à l’ordre et une nouvelle grève qui s’annonce : une semaine infirmière !

     

    Nos confrères de "l'infirmière libérale magazine" diffusent l’enquête d’un sociologue sur les infirmiers alors que l’ordre  poursuit en justice une infirmière de prison déjà condamnée pour avoir fait passer du matériel à des prisonniers… D'autre part une nouvelle grève infirmière est annoncée pour le 7 mars alors décidemment, même au cours des vacances « à la neige », on ne chôme jamais vraiment chez les infirmiers…

     

    Une enquête pour connaître le vécu des infirmiers

    C’est une enquête faite par le Professeur Didier Truchot de l’Université Bourgogne Franche-Comté avec la collaboration de Mathilde Duboz, étudiante en master psychologie du travail que le magazine « infirmière libérale magazine » a mis en ligne ici. Les infirmiers peuvent répondre quand ils le souhaitent jusqu’au 28 février (cela prend un petit quart d’heure) et cela permettra peut-être de mieux connaître les contraintes et les dangers du métier infirmier. Les résultats de cette enquête seront présentés dans le numéro de juin de L’Infirmière libérale magazine.

    Une infirmière condamnée pour ne pas être inscrite à l’ordre.

    « Tout cela est inadmissible. C’était du grand n’importe quoi » a dit le juge lors du procès de Morgane, infirmière en prison, qui a été condamnée le 13 janvier dernier à 18 mois de prison avec maintien en détention ainsi qu’une interdiction d’exercer son métier pendant 5 ans. Il faut dire que les faits qui lui sont reprochés sont simples et passablement pathétiques : suite à un « coup de cœur » pour un détenu elle lui aurait fourni une trentaine de téléphones, des cartes SIM, une dizaine de bouteilles de rhum et de vodka mais aussi de la résine de cannabis, de la viande, du Nutella, du gel douche, des cigarettes, de la créatine, tous produits interdits dans la prison… Et installé de fait un véritable trafic. « Cela vaut un zéro en déontologie, un double zéro car elle devait faire sortir les détenus de la drogue et de l’alcool. Au contraire, elle en a fait entrer dans la prison. Elle a oublié quel était son métier. ».

    On aurait donc pu penser cette infirmière au bout de son « histoire » avec cette première condamnation mais le 10 février elle a dû revenir devant le juge pour s’expliquer de sa non-inscription à l’ordre des infirmiers et se faire condamner à 1 000 € d’amende avec sursis ainsi qu’une somme à verser à l’ordre des infirmiers d’un montant de 190 €.

    Quand on sait d’une part que pour faire plaisir à un syndicat qui avait demandé son abrogation les ardoises des non inscrits à l’ordre ont été annulées pour les dettes avant 2015 et que d’autre part c’est normalement à l'employeur de vérifier l'inscription à l'embauche, on ne comprend donc pas bien cet acharnement sur une infirmière déjà condamnée, ni le message que veut faire passer l’ordre avec ce jugement. D’ailleurs plusieurs infirmiers s’étaient déplacés au tribunal pour soutenir leur collègue; mais la procureure de la République veut faire une piqûre de rappel : « Il y a obligation pour une infirmière de se faire inscrire au tableau de l’ordre. Elle devait le savoir. L’ordre peut apporter des conseils, des formations et une déontologie. »

    Dont acte ?

    Préavis de grève le 7 mars

    Suite aux mobilisations infirmières des 8 novembre 2016 et 24 janvier 2017, les organisations associatives et syndicales AEEIBO, ANFIIDE, ANPDE, CEEIADE, Convergence infirmière, CNI, FNI, SNIA, SNICS-FSU, SNIES-UNSA, SNIIL, SNPI CFE-CGC, SNIPUERLIB, UNAIBODE, UNEF, UNIDEL appellent les étudiants en soins infirmiers, les infirmiers, les infirmiers spécialisés (infirmiers anesthésistes, infirmiers de blocs opératoires, infirmières puéricultrices) et les infirmiers cadres de santé à se mobiliser en nombre le 7 mars 2017 à Paris.

    Rendez-vous est donné pour se rassembler dès 12 h 30, place Denfert Rochereau à Paris et converger ensuite vers le ministère des affaires sociales et de la santé puis vers l’Assemblée Nationale.

    En ces semaines (?) ou jours (?) ou mois (?) qui précédent la prochaine négociation conventionnelle (dont l’enquête de représentativité, menée tambour battant, a été faite en trois semaines ce qui est une record historique) la présence des infirmiers libéraux sera sûrement un bon indicateur de l’implication de la profession. Mais combien seront-ils ?

    À la semaine prochaine !

     

  • Des professionnels au rabais, une grève inaperçue et les libéraux en tête des fraudeurs sécu : une semaine infirmière !

     

     

    Ce qui est bien avec l'actualité c'est que l'ont croit que ça va forcement se calmer et puis non, ça repart de plus belle…

     

     

     

    L’accès partiel à la profession ou le droit d’exercer au rabais

    L’ordonnance permettant l’accès partiel à la profession de soignant est passée au journal officiel le 19 janvier. Ce texte, justifié par le législateur comme une nécessaire mise aux normes européennes permet l’accès partiel à une profession de soignant sous trois conditions :

    « 1° Le professionnel est pleinement qualifié pour exercer, dans l’État d’origine membre de l’Union européenne ou partie à l’accord sur l’Espace économique européen, l’activité professionnelle pour laquelle il sollicite un accès en France ;

    2° Les différences entre l’activité professionnelle légalement exercée dans l’État d’origine et la profession correspondante en France sont si importantes que l’application de mesures de compensation reviendrait à imposer au demandeur de suivre le programme complet d’enseignement et de formation requis pour avoir pleinement accès à la profession en France ;

    3° L’activité professionnelle pour laquelle l’intéressé sollicite un accès peut objectivement être séparée d’autres activités relevant de la profession en France ; l’autorité compétente française tient compte du fait que l’activité professionnelle peut ou ne peut pas être exercée de manière autonome dans l’État membre d’origine. »

    Dis autrement cela concerne donc des professionnels qui sont diplômés dans leur pays (mais dont le diplôme ne bénéficie pas d’équivalence sur le territoire), et qui veulent exercer en France. Si la différence de formation leur demanderait de repasser le diplôme en entier en France, Ils pourront demander un accès partiel à la profession la plus proche en précisant quelles actions il peut exercer qui peuvent être objectivement séparées des autres activités de la profession*.

    En pratique, imaginons qu’une personne d’un autre pays européen ait un titre "d’infirmière" mais obtenu après un diplôme de deux ans. Son diplôme ne serait pas reconnu en France et sa seule solution pour exercer serait de repasser le diplôme en entier. Pour éviter cela, elle peut aujourd’hui demander un accès partiel à la profession d’infirmière pour une fonction précise (« prise ne charge du diabète », « éducation thérapeutique », « pansement simple » par exemple). Et on verrait donc dans les services des personnes exerçant les fonctions partielles d’infirmière : Super aide soignante ou infirmière au rabais, à chacun de voir. Et tant qu’à couper en morceaux un diplôme on ne voit pas bien ce qui empêcherait les aides soignantes de se faire reconnaître comme « infirmière de nursing » pour n’exercer que les AIS 3 en libéral.

    L’obtention de ces diplômes suivrait alors le même parcours que les validations de diplôme de l’étranger : « La demande d’accès partiel de l’intéressé est examinée, selon le cas, comme une demande à fin d’établissement ou de libre prestation de services de la profession concernée. L’autorité compétente se prononce sur les demandes à fin d’établissement après avis de l’ordre le cas échéant concerné. » En France c’est donc L’ARS qui autoriserait cette installation après avis de l’ordre infirmier, sans préciser plus exactement ce que cet « avis » veut dire.

    L’ordre infirmier qui communiqué depuis plusieurs mois contre ce texte de loi vient de publier cette semaine un communiqué de presse où il annonce qu’il va déposer un recours au Conseil d’État et mobiliser les parlementaires afin d’empêcher la ratification du texte au Parlement. Il rappelle d’ailleurs que les commissions des affaires européennes de l’Assemblée nationale et du Sénat ont rendu des avis défavorables à l’accès partiel.

    * Et accesoirement on peut imaginer aussi comme il va être simple de couper la profession infirmière en morceaux : Faire un dextro sans être capable de changer la dose de glycémie ? Ou même faire un pansement sans être capable d'évaluer l'état général et cognitif ? Une relation d'aide sans être capable de connaitre les traitements que prend la personne ? Ou l'inverse ?

    Une manifestation vide

    Avec un mot d’ordre un peu fourre-tout et soutenu par un seul des quatre syndicats libéraux (Convergence infirmière), sans grande surprise le mouvement du 24 janvier n’a pas mobilisé massivement la profession. Sur la page Facebook, une internaute présente à Paris témoigne « Pour les Libéraux nous étions une trentaine ! Et en tout nous étions 500 au maximum ! C’est signe que tout va bien Non ? ».

    Je fraude, tu fraudes, ils fraudent tous…

    Enfin, alors que les libéraux attendent toujours que la CPAM de gironde confirme par écrit l’engagement qu’ils ont pris avec Hélène d’échelonner sa dette sur 4 ans pour fêter enfin une bonne nouvelle… Voici que France 2, dans son journal de 20 heures annonce tranquillement que les infirmiers libéraux sont responsables de 55 % des fraudes à l’assurance maladie (mais sans préciser bien sur si cela représente un montant ou un nombre d’actes, comme si les populations de taxis, de médecins ou d’infirmiers étaient comparables…) . Et en regardant ce sujet c’est toujours la même question qui revient : tiens mais qui leur a donné l’idée de faire un sujet là-dessus ? Avec cet angle-là en plus ?

     


    Sécurité sociale : ces professionnels qui fraudent

     

    À la semaine prochaine !

  • La ministre parle et en Italie une infirmière terrorise le pays… Une semaine infirmière !

     

    La ministre de la santé parle aux soignants

    Le 5 décembre la ministre de la santé a annoncé très officiellement un plan pour « prendre soin de ceux qui nous soignent » et ce plan a été largement repris par la presse (sur boursier.com , Le point …)

    Ce plan, ambitieux bien qu’assez imprécis, propose « la création d’un observatoire national de la qualité de vie au travail et des risques psychosociaux des professionnels de santé », « généraliser l’élaboration de baromètres sociaux au sein des établissements qui devraient permettre d’identifier les axes de travail prioritaires à déployer en matière de qualité de vie au travail », « Redonner de la stabilité et de la visibilité en matière de plannings pour que chacun puisse organiser sereinement sa vie personnelle en bonne articulation avec sa vie professionnelle », « mettre en place un dispositif de déclaration des suicides et tentatives pour permettre une analyse de leurs causes et l’adoption sans délai de toutes les mesures appropriées, notamment en termes de prévention » et « consacrer 30 millions d’euros sur trois ans à la généralisation d’équipes pluridisciplinaires (composées de psychologues, d’assistants sociaux et de conseillers en prévention des risques professionnels) ». Dans une interview exclusive accordée à nos collègues du site espaceinfirmier.fr, la ministre résume elle-même son plan :

    Quelle est, pour vous, la mesure phare de cette stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail ? Post-élection, un comité de suivi sera-t-il créé pour assurer la pérennité des mesures ?

    Il n’y a pas de solution unique. C’est pourquoi j’ai présenté une stratégie globale, qu’il faut prendre dans son ensemble. Mais l’axe de la formation des cadres me paraît essentiel. Tout comme la mise en place d’un rendez-vous annuel dans chaque établissement dédié à la discussion sur les conditions de travail. Cette stratégie n’est pas un énième plan, c’est une dynamique de fond qui s’inscrit dans la durée et qui a vocation à s’enrichir par la concertation et par la diffusion des bonnes pratiques venant des établissements et des expériences de terrain.

    Le plan reviendrait donc à plus former les cadres et à donner un nouveau rendez-vous annuel aux agents. Sur son blog, la seringue atomique nous en propose sa lecture personnelle.

     

    Les infirmiers ne peuvent plus s’exprimer sous pseudo ?

    Le premier article du code de déontologie de l'ordre infirmier (dont nous vous parlions la semaine dernière ) qui fait régir les professionnels est celui sur les pseudonymes sur internet, article qui les interdits sur internet pour les infirmiers (alors que c’est toléré pour tous les autres soignants).

    Mais l’ordre infirmier, par la voix de Karim Maméri son secrétaire général, donne sa vision de ce texte :

    "Il ne s’agit pas de limiter la liberté individuelle. Les infirmiers pourront toujours aller sur les réseaux sociaux et avoir des pseudonymes. L’objectif de cet article est surtout de lutter contre les usurpations du statut d’infirmier pour un usage commercial. On sait que certains se font passer pour des infirmiers pour échanger des conseils contre rémunération, par exemple".

    Une infirmière de la mort affole l’Italie

    Allez savoir pourquoi mais à la rédaction, cette semaine, on a flashé sur ce couple d’amants diaboliques, le médecin et l’infirmière qui ont tué plusieurs patients plus ou moins en fin de vie, le mari de l’infirmière, tenté d’empoisonner ses enfants, un cousin aussi qui passait par là et… Effrayé tout le pays.

    Non mais depuis le temps qu’on le répète : il faut jamais trop agacer les infirmiers…

    À la semaine prochaine !

  • Le code de déontologie ça change quoi ? Une semaine infirmière !

    Attendu depuis plusieurs années, le décret créant le code de déontologie des infirmiers est enfin paru au journal officiel le 25 novembre 2016. Il reprend la trame des précédents textes encadrant les infirmiers mais il est aussi bien plus précis sur plusieurs points, revue de détail avec Yann de Kergenec directeur de l’ordre infirmier.

    Faut-il signer ce code ?

    L’article 2 stipule que les nouveaux inscrits à l’ordre doivent signer ce code, mais pour ceux qui sont déjà inscrits ?

    « Ils vont recevoir un courrier avec le code déontologique sous forme d’une petite plaquette. Dans ce courrier il y aura aussi un lien internet pour qu’ils puissent signer, dans les 6 mois, la déclaration sur l’honneur qu’ils ont pris connaissance du code. C’est donc une attestation électronique qu’ils devront signer et les infirmiers n’auront donc pas à se déplacer physiquement à l’ordre ».

    Est-ce l’ordre infirmier qui va autoriser les remplacements et les cabinets secondaires ?

    L’article 3 du code dit que ces fonctions sont transférées de l’ARS à l’ordre Infirmier mais attention à ne pas confondre « La liberté d’installation en libéral est et reste totale, c’est un droit. Mais c’est le conventionnement Sécurité sociale qui est soumis à l’approbation des caisses, en respect des conventions signées. De fait l’ordre pourra donc donner un accord à un remplacement et une caisse s’opposer au conventionnement de ce remplaçant, mais ce sont deux sujets distincts et sur ce sujet les caisses restent souveraines ».

    A-t-on (re) défini le compérage ?

    Alors les précédentes règles professionnelles étaient assez floues sur cette notion, le code de déontologie donne une définition précise du compérage à l’article 29 : « On entend par compérage l’intelligence entre deux ou plusieurs personnes en vue d’avantages obtenus au détriment du patient ou d’un tiers », plus loin le code précise aussi à l’article 61 que « le détournement ou la tentative de détournement de clientèle sont interdits ». Le fait de définir précisément le compérage est donc une avancée pour se défendre plus facilement mais c’est encore à la « victime » de prouver la réalité du détournement de sa clientèle ou du compérage, alors comment faire en pratique ?

    « Ces questions de publicité ou de détournement de clientèle remplissent 90 % des affaires disciplinaires que nous jugeons. Cependant, la liberté d’installation reste un droit constitutionnel et donc même si un infirmier s’installe dans une maison de santé avec deux médecins, ou avec son compagnon médecin, ou sa mère, ou sa fille… On ne peut jamais préjuger du compérage ! De plus un simple code de déontologie ne peut évidemment pas aller contre un droit constitutionnel. En pratique les preuves se font alors essentiellement par des éléments matériels (taille de plaque ou de panneau signalétique, distribution de cartes abusives etc.) ou par des attestations de patients. Donc le compérage ce n’est pas juste une mauvaise relation entre deux professionnels, il faut prouver qu’il y a des avantages obtenus au détriment de quelqu’un. »

    L’infirmier peut-il arrêter un soin ?

    Les textes précédents étaient ambigus mais sur ce point précis le nouveau code est plus clair notamment à l’article 12 : « Si l’infirmier se trouve dans l’obligation d’interrompre ou décide de ne pas effectuer des soins, il doit, sous réserve de ne pas nuire au patient, lui en expliquer les raisons, l’orienter vers un confrère ou une structure adaptée et transmettre les informations utiles à la poursuite des soins ». Ce qui veut dire que la fameuse « liste de la DDASS » (qui n’existait pas) passe officiellement aux archives et que dès qu’il a trouvé une solution qui ne mette pas en danger le patient et respecte la continuité de soins (par le relais à un autre ide ou à une structure) l’infirmier est donc libre de cesser une prise en charge quand il veut et quel que soit l’avis du patient ou de la famille.

    « Cela montre que ce texte a été écrit par des infirmiers pour des infirmiers. Nous l’avons formulé ainsi car nous connaissons les difficultés que présentaient la version précédente du texte et celles que présentent l’exercice à domicile aujourd’hui comme les cas de violence ».

    Et c’est tout ?

    Pas vraiment ! Obligation de lever son pseudo si on se revendique infirmier sur internet (art 50), « l’infirmier ne doit pas provoquer délibérément la mort » (art 21), interdiction du partage d’honoraire (art 30), limitation des actes professionnels et des prescriptions « à ce qui est nécessaire à la qualité des soins » (art 33), création ex nihilo d’une clause de non-concurrence sur 2 ans pour les remplacements de plus de trois mois (art 87), obligation d’un dossier de soin pour chaque patient (art 35) et surtout l’article 64 : « l’infirmier salarié ne peut, en aucun cas, accepter que sa rémunération ou la durée de son engagement, pour tout ou partie, de normes de productivité, de rendement horaire ou de toute autre disposition qui auraient pour conséquence une limitation ou un abandon de son indépendance ou une atteinte à la qualité ou à la sécurité des soins »… bref, gageons que ce texte est appelé à faire parler de lui.

    « Le texte contient 95 articles alors qu’il n’y avait que 50 règles professionnelles, donc on peut dire qu’« on y est allé à fond » ! Mais il a été écrit par des infirmiers et pour des infirmiers, il vient de la réalité du terrain, c’est une mise à jour salutaire de règles qui protègent les infirmiers. Bien sûr on pourrait voir dans ces règles une atténuation de la liberté des infirmiers mais il s’agit surtout de protéger d’une part les patients et d’autre part les autres professionnels, donc c’est une arme pour les infirmiers et pas contre eux. Face à une concurrence accrue, ce texte veut donner un gage de la qualité des soins des infirmiers ».

    Et sinon ?

    L’ordre National infirmier est pratiquement la seule instance infirmière ou l’appartenance à un syndicat n’est pas obligatoire pour siéger. Pourtant, dans les faits, il n'y a presque que des infirmiers syndiqués qui y siègent. Mais cela pourrait changer aux prochaines élections ordinales de mars 2017 si par exemple de « nouvelles têtes » non syndiquées et/ou issues des nombreux collectifs infirmiers se présentaient aux élections ordinales. Une occasion donc de faire entendre sa voix ailleurs que sur Facebook ? Les candidatures seront à déposer en janvier 2017.

    A la semaine prochaine !

  • L’ordre a sifflé trois fois : une semaine infirmière !

    L’ordre infirmier, que nous suivons évidemment comme toutes les institutions de la profession, nous avait habitués à un rythme de publications que nous qualifierons de tranquille, en tout cas de facile à suivre puisque la dernière note sur le code de déontologie des sites infirmiers (que nous avons relayé ) datait de… Septembre 2015. Et puis soudainement les publications ont pris un sérieux coup d’accélération et voici qu’en moins d’une semaine c’est bien trois avis et une page dans le journal "Le Monde" que nous a offert l’ordre des infirmiers… Mais que se passe-t-il ?

    Lundi, L’ordre des infirmiers appelle à la manifestation le 8 novembre

    Nous en avons déjà largement parlé la semaine dernière (et nous en reparlerons dans les semaines à venir), un grand mouvement de rassemblement de toute la profession infirmière est prévu le 8 novembre à Paris. Dans un article nommé « malaise profond dans la profession, exprimons-nous » l’Ordre national des infirmiers « apporte son soutien affirmé à ce mouvement. Les infirmières et infirmiers doivent se faire entendre par tous les moyens en leur possession, continuer de négliger cette profession serait mettre en danger le système de soins dans son ensemble. Pour prendre soin des patients, prenez soin des infirmiers. N’attendons pas qu’il soit trop tard ! »

    Et de un.

    Lundi toujours, L’ordre des infirmiers s’oppose à la vaccination par les pharmaciens.

    Ce n'était un amendement proposé en commission sanitaire et sociale par la députée Michelle Delaunay mais il a été voté par l'assemblée le 27 octobre dans la nuit. Les pharmaciens vont pouvoir vacciner contre la grippe pendant 3 ans dans certains territoires. Cependant les conditions pratiques de son application (Quels territoires seront concernés ? Qui va vacciner dans les officines ? Dans quel local ? Et pour quel prix sachant que cette idée est financée par le FIR, donc un fincanement régional…) seront fixées un peu plus tard par decret. Mais avant même qu'elle ne soit votée, l’idée que les pharmaciens vaccinent en pharmacie a provoqué une levée de boucliers chez les infirmiers et les médecins. L’ordre infirmier s’est exprimé fermement contre cette idée dans un courrier envoyé aux députés et s’est même offert une page dans le journal "Le Monde" le jeudi 27 octobre  pour publier son avis sous la forme d’une lettre ouverte à la ministre de la santé, rappelant que la « vaccination est une compétence infirmière par excellence ».

    Et de deux.

    Cependant, puisque l’on est sur le sujet des vaccinations et que l’idée majeure pour l’étendre aux pharmaciens est « d’augmenter la couverture vaccinale des Français », à inflib.com, on aimerait souffler à Didier Borniche (le président de L’ONI) que la participation des infirmiers à la couverture vaccinale de la population doit être bien difficile à évaluer par la CPAM vu que – d’après notre expérience – une bonne part des vaccins faits par les infirmiers ne sont pas déclarés car entrant dans les soins gratuits ou bien parce que beaucoup d’infirmiers (qui se servent du vaccin comme carte de visite) « offrent » le vaccin à leurs patients. Ainsi sur notre page Facebook Hélène témoigne :

    « Je me déplace chez les patients à l’heure qui me convient, je ne fais pas payer, je note sur la feuille " acte gratuit pour le plaisir de se voir une fois par an " et je note mon nom et tel. Les patients m’offrent un café, thé.. Je perds 30 minutes pour rien mais ils m’ont toujours rappelé. Je fidélise ma patientèle. »

    Et Yann d’ajouter :

    « Cela fait 20 ans que la CPAM croit que je ne me suis jamais fait vacciner alors que depuis que j’ai mon diplôme et que mon médecin de famille m’a prescrit mon premier vaccin, tous les ans, je paye mon vaccin de ma poche (6.10 euros cette année) et que je trouve toujours une collègue pour le faire… Gratuitement aussi. Tous les ans je reçois donc mon bon de vaccination vierge qui me demande d’aller voir mon médecin… J’en fais une boulette et je le jette à la poubelle. La bonne blague c’est que la CPAM doit me considérer comme un mauvais professionnel de santé qui ne se vaccine pas alors qu’au contraire je lui fais faire 20 euros d’économies tous les ans. ».

    Sur ce sujet nous vous rappelons enfin que le syndicat SNIIL encourage les infirmiers à faire parvenir aux caisses tous les reçus des actes qu’ils ont faits, même s’ils sont gratuits, afin que ceux-ci apparaissent un jour dans les décomptes d’actes

     

    Mardi, l’ordre s’oppose à l’accès partiel de la profession

    Pour résumer, une norme européenne permettrait l’accès au statut d’infirmière en France à des personnes dont la formation n’est pas équivalente aux infirmières françaises.

    Malheureusement (et pour être parfaitement honnête), sur le site, entre l’achat de tee-shirt et la préparation de la manifestation du 8 novembre nous n’avons pas eu encore le temps de nous pencher sur cette nouvelle directive européenne ( pour savoir notament qui la défend et pourquoi). Évidemment on va travailler ce sujet mais c’est à ce moment-là que quelqu’un dans la rédaction a levé la tête : Qu’on se fasse distancer par l’actualité, évidemment ça arrive; Mais qu’on se fasse distancer par les infos relayées par l’ordre infirmier… Que se passe-t-il ?. Nous nous sommes donc réunis autour d’un café (ça va vite…) et nous en sommes arrivés à deux conclusions (qui n’engagent que nous évidemment) :

    – Soit l’ONI a fini de payer ses dettes et s’est offert les services d’un community manager qui fait du zèle pour sa première semaine d’exercice.

    – Soit c’est une façon de préparer le terrain pour une annonce à venir rapidement, sûrement quelque chose d’important et qui marquerait l’esprit de la profession, peut être même quelque chose d’annoncé depuis des années… 😉

    À la semaine prochaine !