Qui est la nouvelle ministre de la santé et les négociations s’ouvriront-elles un jour? Une semaine infirmière !

Après toutes ces semaines de flottement nous connaissons enfin le nom de la nouvelle ministre « de la santé et de la solidarité ». Mais son profil, médical, hospitalier et parisien est-il une bonne nouvelle pour le monde de la santé en général, pour les infirmiers libéraux en particulier ? D’autre part, on apprend cette semaine que les négociations conventionnelles, attendues déjà depuis plus de six mois, sont encore repoussées, mais est-ce tout à fait une surprise en ces temps de migration ministérielles ?

 

 

Qui est le nouveau ministre de la santé ?

« Ministère des solidarités et de la santé », c’est tout un programme tant la limite entre la solidarité et la santé (en particulier dans le domaine du vieillissement et du maintien à domicile) a posé problème ces dernières années. On notera tout de même que la santé passe alors après la solidarité… Un présage pour la ministre d’un président qui n’avait pas prévu grand-chose pour la santé si ce n’est encourager les mutuelles à rembourser les lunettes ?

La nouvelle ministre de la « solidarité et de la santé » est Agnès Buzyn, 54 ans, ancienne interne des Hôpitaux de Paris. Elle a réalisé la majeure partie de son parcours de clinicienne hématologue et d’universitaire à l’Université Paris V-Hôpital Necker où elle a été responsable de l’Unité de soins intensifs d’hématologie adulte et de greffe de moelle de 1992 à 2011. Elle a dirigé aussi une équipe Inserm travaillant sur l’immunologie des tumeurs à l’Institut Cochin-Paris V (2002-2006). Elle a enseigné l’hématologie et l’immunologie des tumeurs et de la transplantation dans plusieurs modules universitaires et est actuellement Professeur d’hématologie à Paris VI.

Agnès Buzyn a exercé de nombreuses fonctions au sein de société savantes et de conseils d’administration (EFS…) et elle a, par ailleurs, été membre du collège des personnalités qualifiées du Conseil supérieur des programmes de l’éducation nationale, de 2013 à 2016. En termes de responsabilités au sein des agences de l’État, elle a exercé les fonctions de présidente du conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) de 2008 à 2013, tout en étant membre du Comité à l’énergie atomique, de 2009 à 2015. Elle a été nommée membre du conseil d’administration de l’Institut national du cancer (INCa) en 2009 avant d’en être nommée présidente en mai 2011. Elle a occupé ces fonctions jusqu’en février 2016 date à laquelle elle a alors été nommée présidente du Collège de la HAS.

La nouvelle ministre a donc un profil très médical (médecin, fille de médecin), hospitalier et très parisien. À tel point que le fait que son mari soit président de l’INSERM a posé des problèmes dans la définition de son périmètre d’action (où l’on notera d’ailleurs que les femmes de ministre quittent leurs fonctions quand les femmes ministres limitent leur champ d’action pour ne gêner leur conjoint…). L’expérience nous apprend par ailleurs que les profils les plus classiques ne sont pas toujours gage de réussite (ni d’échec évidemment). Ceci dit, comme tous les membres du gouvernement, le sort de cette nouvelle ministre reste lié aux prochaines élections, son profil revendiqué « de femme de gauche » survivra-t-il à un possible remaniement post-élection ? Rien en fait n’est encore vraiment définitif…

Des négociations qui sont repoussées

C’est la nouvelle qui n’en est pas une de la semaine : dans une lettre ouverte à Monsieur Revel (qui apparemment a rêvé un temps de changer de fonction avant d’apprendre qu’il restait en place, du moins pour le moment) le SNIIL nous apprend que les négociations conventionnelles qui devaient débuter le 9 juin 2017 ont été reportées au 12 juillet prochain.

Mais est ce vraiment une surprise ? D’abord à cette date les législatives ne seront pas passées et donc l’équipe ministérielle ne sera pas « tout à fait en place », ni en termes de personnes ni même en termes de périmètre des ministères (est-on sûr que c’est bien le ministère de la santé qui va gérer les comptes de la Sécurité sociale ?)… D’autre part on sait que l’enquête de représentativité (celle qui décide qui a le droit de participer aux négociations conventionnelles) a pris du retard et n’a toujours pas été publiée, quant l’expérimentation du BSI (qui est censé remplacer le DSI) elle n’a même pas commencé… Cependant, la mouture du BSI qui est censée être testée réclame que les médecins et les infirmiers soient tous reliés par messagerie électronique afin d’effectuer un aller-retour infirmier / médecin par mail (le vrai but du BSI est avant tout de numériser cette dernière pièce papier). Or, sur le terrain on sait que les médecins ne veulent pas trop ce genre de messageries (ils reçoivent suffisamment de mails par jour et ne vont probablement pas se battre pour répondre gratuitement à ceux des infirmiers) et d'autre part l’aller-retour médecin/infirmier est précisément ce qui a tué dans l’œuf la DSI. Donc un test de trois mois à peine avant validation aparait pour le moins…  utopique ? ( À se demander même qui pense sincèrement que cette idée est vraiment viable)

Dis autrement ces négociations, commencée sous un ministère qui n’a -pour le moins- pas joué le dialogue, semblent loin, voir très loin, d’être prêtes à commencer, même au 12 juillet. En particulier si on veut qu’elles changent vraiment quelque chose…

Et sinon ? Les pharmaciens n’ont plus envie de vacciner !

Nous vous le disions il y a quelques semaines, la vaccination contre la grippe par les pharmaciens est en test en Nouvelle Aquitaine et en Rhône Alpes. Mais les modalités de l’expérimentation de vaccination en pharmacie viennent d’être publiées au « Journal officiel » du 11 mai 2017 : L’acte vaccinal sera rémunéré 6,30 euros par personne vaccinée sur présentation d’un bon de l’assurance maladie, et 4,50 euros sur prescription médicale.

Du coup après nous avoir expliqué pendant des mois que les pharmaciens sont les seuls capables de présenter un maillage suffisamment précis pour assurer une couverture vaccinale optimale… À ce prix-là, ils commencent à se demander si ça vaut le coup de se fâcher avec les infirmiers et surtout que « ce n’est pas assez cher pour assurer un acte de qualité » (ce que les infirmiers seront ravi d’apprendre). Bref, ce n’est pas très généreux et pas très confraternel mais on a comme une chanson entête non ?

À la semaine prochaine !

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