Que fait-on dans une commission paritaire ? Une semaine infirmière !

 

Florent Regal est le fondateur de l’association UNIDEL Cotentin et nous avions déjà parlé de lui lors de son voyage à Paris pour rencontrer le ministère de la santé. Il y a quelques jours il a participé à sa deuxième « Commission Paritaire Départementale » (CPD) à la CPAM de la manche et il a accepté de nous raconter ce qui s’y passe.

 

Comment se déroule une commision paritaire?

Qu’est ce qu’une commission partiaire ?

C’est une réunion régulière entre les représentants de la Caisse Primaire D’assurance Maladie (CPAM), de la Mutualité Sociale Agricole (MSA), du Régime Social des Indépendants (RSI), des médecins-conseils de la Sécurité sociale et ceux des 4 syndicats représentatifs des infirmiers libéraux. On y discute de la vie conventionnelle locale et des relations entre les infirmiers et les caisses. Par exemple c’est  là qu’on décide les dérogations pour les installations ou les remplacements.

Comment UNIDEL a pu y participer ?

Je n’y représente pas UNIDEL mais un syndicat. Avant que je ne m’inscrive, mon syndicat n’avait pas de représentant à cette commission et les deux places vides étaient occupées par un autre des syndicats. Avec UNIDEL nous organisons par ailleurs des groupes de travail avec la CPAM sur les problèmes concrets des infirmiers comme la formulation des ordonnances, mais ces groupes sont informels.

Comment se déroule cette commission ?

Avant la réunion les syndicats se retrouvent dans une pièce pour trente minutes pendant que les caisses se réunissent dans une autre pièce. Là nous relisons le compte rendu de la commission précédente et nous décidons de la valider ou pas. Nous découvrons aussi l’ordre du jour de la commission à venir et nous essayons de nous mettre d’accord sur une position commune, quand c’est possible. On désigne aussi un président de séance qui aura la charge de « gérer » la parole syndicale.

Êtes-vous dédommagés pour y participer ?

Oui je sais qu’on est dédommagé mais je ne sais pas de combien, quelque chose comme 100 ou 150 euros je crois.

Quelle est l’ambiance des commissions où vous avez siègé ?

La première a été un peu tendue car tout le monde se demandait un peu ce que nous venions faire ici, quel était notre but ; la dernière au contraire s’est passée de façon très cordiale, tout le monde a compris que nous sommes là pour faire avancer les dossiers…

Quel bilan tirez-vous de votre présence à cette commission ?

C’est mitigé, j’ai l’impression de ne pas être dans la vérité de l’exercice, que les vrais problèmes ne sont pas abordées, moins en tout cas que lors de nos réunions de travail avec UNIDEL. Par contre nous avons eu la surprise de voir le directeur de la CPAM présenter un texte sur lequel nous travaillons en commission (c’est une plaquette sur la formulation des ordonnances pour les médecins) mais que nous n’avions ni validée ni finalisée; or le directeur voulait la faire signer en l’état, sans prendre en compte nos remarques ! Comme nous étions là nous avons pu la refuser et rappeler au directeur que nous devons d’abord la valider en commission avant de la faire voter ! De même, grâce à notre présence en CPD nous pouvons intervenir en refusant toute dérogation pour de nouvelles installations dans le département car cela nous semble le moindre des bon sens : nous estimons la profession dans le flou le plus total à deux ans quant à notre avenir, beaucoup de nos collègues sont en difficultés alors nous nous voyons mal encourager de nouvelles personnes à s’installer aujourd’hui !

Pensez-vous prolonger l’expérience ?

Très franchement je ne sais pas. Si j’ai l’impression d’être utile oui, bien sûr… Mais si ce n’est que du folklore et que les dés sont pipés je ne vais m’éterniser, j’ai l’impression que le travail en commission avec l’association est bien plus utile…

Et sinon ?

Et sinon, pour rester dans l’ambiance « Bretagne » (enfin, en haut à gauche quoi…) on ne peut pas se priver de relayer le fait qui nous a occupés toute la semaine à la rédaction : un homme a essayé de braquer une banque sur l’île d’Ouessant !

Pour ceux qui ne connaissent pas cette partie magique de la France, Ouessant a 20 kilomètres des côtes fait 15 kilomètres carrés et est habitée par 850 personnes, autant dire qu’il a été vite rattrapé, d’autant plus qu’il a agi à visage découvert…

À la semaine prochaine ( kenavo ar c’hentañ !! )

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