Pluie de mauvaises nouvelles et la bourde étrange du directeur de l’assurance maladie : une semaine infirmière…

Fin juillet, ça y est, on est dans le cœur chaud de l’été. Les patients partent en goguette et ne sont plus malades, les collègues partent ou même reviennent déjà mais à la rédaction on est toujours là, à regarder tomber les nouvelles sur la profession avec la constance d’un CRS sur une plage des landes, le fessier rivé sur sa chaise rouge et le regard au large (le sex-appeal en moins évidemment…). Et cette semaine ce fut un festival : la profession est signalée comme l’une des moins épanouissante, l’une des rares ou les dépôts de bilan explosent et pour finir Nicolas Revel, le président de l’assurance maladie qui mène les négociations, laisse passer une bourde étrange dans une interview qu’il a pourtant fait relire…

Moins épanouissant qu’agent d’accueil et avec un taux de dépôt de bilan plus mauvais que les éleveurs bovins… Le métier aurait-il du plomb dans l’aile ?

Cette nouvelle a fait le tour de tous les médias en début de semaine : « infirmier » a été classé 9° sur 10 dans un classement des « métiers les moins épanouissants » réalisé auprès de 120 000 personnes. Les raisons ceci dit ne sont pas trop surprenantes : « les infirmiers estiment ne pas effectuer un boulot qui les épanouit, et citent pêle-mêle les conditions de travail difficiles, les horaires de nuit, le stress… »

Et puis il y a eu aussi cette petite news, passée plus inaperçue dans LACROIX de la semaine dernière. Globalement les « défaillances d’entreprise » (mot chic pour dire faillite) baissent sur tout le territoire, ce qui est normalement un signe de bonne santé économique. Oui mais sur toutes les professions, vraiment ? Bien sûr que non, comme les Gaulois au début d’un album d’Astérix, un métier continue de faire de la résistance : « Outre le secteur agricole et en particulier la filière de l’élevage, dont la situation est extrêmement tendue depuis plusieurs mois, les faillites augmentent de 14 % dans les professions libérales et en particulier dans les métiers de la santé humaine, par exemple les infirmiers ».

L’étrange bourde de Nicolas Revel

Tout d’abord, on va faire un coucou amical et tirer notre chapeau à l’équipe de « l‘Infirmière Libérale Magazine » qui a décroché « le » scoop dont on rêve tous, à savoir une interview de Nicole Revel, le directeur général de l’assurance maladie. Cette interview arrive juste au début des négociations conventionnelles entre l’UNCAM et les syndicats qui ont commencé le 12 juillet et nous vous encourageons évidemment à acheter ce numéro pour la lire en intégralité parce qu’après tout un journal se paye et c’est bien normal. Cependant, un détail nous a fait tendre l’oreille : Mathieu Hautemulle, qui a réalisé l’interview, a fait un encart pour bien préciser que l’entretien a été relu et que Nicolas Revel, pour éviter de dire une erreur, a bien mesuré tous ses propos et repoussé l’interview depuis novembre 2015…

Et pourtant, au milieu de ces propos ultra-policés on peut lire à propos du BSI « On pourrait imaginer qu’au lieu de passer 5 fois par jour, l’infirmière ne vienne plus que deux fois, mais avec une charge plus lourde et une intervention mieux rémunérée » et c’est ce chiffre de 5 qui nous a surpris. En effet soit l’infirmière passe pour des soins techniques sur prescription et le nombre de passages est décidé par le médecin ou le protocole (on voit mal alors comment l’UNCAM compte expliquer au médecin les protocoles de traitements sur vingt quatre heures…) soit l’infirmière passe pour son rôle propre, la fameuse séance de soins infirmiers ou l’AIS 3 qui semble donner des sueurs froides à l’UNCAM, sauf que son nombre maximal par jour est de… 4 !

En plus d’être vaguement méprisant (les infirmières ne font elles pas spontanément le moins de passages possibles ? Doit-on penser qu’elles saupoudrent leurs passages au maximum pour tirer un maximum d’ IK de leur caisse ?) ce propos, lu et relu, semble donc mal informé ce qui nous laisse vaguement perplexes. Mais loin de nous l’idée d’en tirer le moindre présage quant aux négociations à venir, évidemment…

À la semaine prochaine !

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