Peut-on faire un site internet pour un cabinet infirmier ?

Il suffit de naviguer un peu sur le net pour voir rapidemment fleurir des sites plus ou moins bien faits vantant les mérites de cabinets infirmiers. Pourtant, l’interdiction pour les soignants de faire de la publicité reste une règle absolue, alors où en est-on vraiment ? Réponses en cinq points avec l’aide de Karim Mameri, infirmier et cadre de santé en pédiatrie, secrétaire du conseil national de l’Ordre National des Infirmiers (ONI).

1- Un cabinet infirmier peut-il avoir un site internet ?

Oui, mais…

Chaque cabinet infirmier peut avoir un site internet à condition que le site respecte le contenu édité dans la « Charte relative à la création d’un site internet par les infirmiers » que vous pouvez télécharger sur le site de L’ONI.

2- Peut-on appeler son site internet comme on veut ?

Non.

Le code est très clair, l’appellation du site internet doit correspondre à l’identité de l’infirmier ou de la société dans laquelle il exerce, donc :

www.nom-prenom.infirmier.fr ou www.infirmier.nom-prenom.fr

Ou bien, pour une société :

www.acronyme-denominationsociale.infirmier.fr

Cette règle peut sembler restrictive notamment pour ceux qui préfèrent ne pas faire apparaître leur nom sur internet, dans ce cas il ne faudra pas hésiter à exposer son cas à l’ordre de la région concernée.

3- Peut-on mettre toutes les informations que l’on veut sur son site ?

Non.

Au contraire, la liste des informations possibles est même plutôt restrictive puisque l’obligation de non-publicité s’applique toujours. On peut donc mettre sur le site internet d’un cabinet infirmier :

– Une courte présentation des infirmiers du cabinet avec nom, prénom, numéro adeli, une photographie, les langues parlées et la situation conventionnelle.

– Une courte présentation du cabinet : L’adresse, le numéro de téléphone, les horaires et un plan du quartier.

– Un agenda en ligne sous certaines conditions

– Un lien vers le site de L’ordre infirmier.

Par contre, les énumérations des actes et soins infirmiers sont interdites (puisque tous les infirmiers font tous les soins) de même que les pratiques et/techniques ne relevant pas de la compétence des infirmiers (comme la réflexologie, zoothérapie, fleurs de bach, nutrition etc.)

 

4- Peut-on faire faire le site internet par une société ?

Oui mais attention aux arnaques !

Si vous ne maîtrisez pas du tout internet vous pouvez faire créer votre page par qui vous voulez (y compris votre fils ou votre petit-neveu…) mais le secrétaire national tient à rappeler qu’aucune société n’a « d’accord officiel » avec l’ordre pour créer des sites infirmiers pour les cabinets. Et ce, même si de nombreux démarcheurs (y compris ceux d’un très grand annuaire de professionnels !) vous diront l’inverse.

D’autre part, le site autorisé étant extrêmement léger (une page) et n’ayant vraiment pas besoin de mise à jour régulière, le seul frais engagé sera probablement de réserver « un nom de domaine » (qui correspond au nom du site) ce qui représente souvent moins de 10 euros par an. Des « forfaits » à plus de 800 euros par an pour ce type de sites sont donc clairement des arnaques !

En cas de doute il ne faut donc pas hésiter à saisir l’antenne régionale de l’ordre (ou un collègue un peu plus à l’aise avec internet) pour vérifier les propositions des démarcheurs… Avant de signer.

5- L’ordre infirmier va-t-il surveiller tous les sites infirmiers qui se créent ?

Oui et non.

Karim Mameri tient à rappeler que le but de l’ordre Infirmier n’est pas de « surveiller les faits et gestes de tous les infirmiers » et d’ailleurs l’ordre n’en a pas vraiment les moyens car il y a d’abord « vraiment fort à faire pour faire connaître la charte ». Mais il insiste sur le fait que « la confraternité doit être la première règle entre les infirmiers ». Ici, si le site internet d’un cabinet dépasse largement les limites imposées par la charte, chaque infirmier doit, en premier, prendre contact avec son ou sa collègue pour lui signifier le problème et l’informer de l’existence de la charte (aprés tout peut-être qu’il ou elle ne la connaît pas…). Si les démarches au téléphone ne donnent rien, et après un délai raisonnable, l’infirmier peut ensuite envoyer un courrier à sa collègue en lui expliquant à nouveau sa position. Enfin, si tout cela ne suffit pas, l’infirmier pourra alors demander une conciliation à l’antenne régionale de l’ONI. Lors de cette conciliation – qui est une simple discussion- les deux infirmiers expliqueront leurs positions et essayeront de trouver un accord. Si l’infirmier fautif persiste encore après la conciliation, l’ONI se chargera de donner les suites disciplinaires qu’il estimera nécessaires.

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