Les nouvelles faims des pharmaciens : une semaine infirmière

Après les vaccins, l’appétit des pharmaciens pour les soins infirmiers semble sans limite, ainsi, ils louchent maintenant sur les pansements et le suivi des chimiothérapies.

 

Les pansements

 

C’est un document qui a enflammé les réseaux sociaux infirmiers : après les vaccins, voici que les pharmaciens souhaiteraient s’intéresser aux pansements. Et la motivation de cet intérêt subit est très simple comme le note le site du CVAO (Comité de Valorisation de l’Activité Officinale)

« Selon l’Assurance maladie, le coût du traitement d’une escarre représente pratiquement 10 000 euros dont 22 % se retrouvent sous le monopole du pharmacien (médicament, dispositifs médicaux…), et 12 % sous une concurrence relative (MAD, Incontinence). En 2017 l’incidence des ulcérations de la peau est estimée à 2 millions de cas, soit en moyenne 90 patients par officine. Ce qui peut représenter, en première approximation et potentiellement pour une officine moyenne, un pourcentage entre 6 et 13 % de son chiffre d’affaires, et cela sans compter la vente de produits résultant du conseil associé.

Cette source de chiffre d’affaires est donc bien réelle et s’accompagne de la possibilité de fidéliser des patients chroniques en attente d’aide et de conseil.

Depuis maintenant près de 5 ans nous assistons à une baisse des prix des médicaments et plus récemment à une diminution de leurs volumes. L’hôpital privé a déjà intégré l’inversion des dépenses entre médicaments et matériel médical, ces derniers représentent aujourd’hui pratiquement les deux tiers des achats des cliniques. Il est possible que la pharmacie de ville suive à plus ou moins long terme le même chemin.

Les ventes en pharmacie des dispositifs médicaux vont augmenter. Il est donc temps pour le pharmacien de se spécialiser dans ces domaines pour apporter des réponses à la fois qualitatives (fluidité de délivrance, suivi efficace…) et quantitatives (produits rapidement disponibles…) à des patients et/ou à leurs aidants de plus en plus nombreux. »

 

 

L’oncologie et la rémunération…

Mais les infirmiers peuvent se rassurer, comme la prise en charge des soins en oncologie telle que l’annonce un article du quotidien du pharmacien cette prise en charge des pansements n’est bien évidemment qu’un « projet » comme le relèvent nos collègues de Actusoins. Un projet suffisamment précis toutefois pour déclencher une levée de boucliers chez le syndicat du SNIIL .

Pourtant, comme le site du CVAO le précise il n’est pas question de remplacer les infirmiers mais de mettre en place une synergie des interventions « pour une prise en charge optimale des patients », patients pour lequel le pharmacien est bien évidemment « une source d’information pour l’ensemble des interlocuteurs »…

« Les domaines connexes entre infirmiers et pharmaciens sont multiples et peuvent devenir pour certains conflictuels (PDA, vaccination…). Ces domaines communs d’intervention méritent d’être pensés puis rendus synergiques pour une prise en charge optimale au bénéfice du patient. Le traitement des plaies chroniques peut devenir un des domaines de cette recherche pluriprofessionnelle d’efficience.

L’efficacité de toute intervention pluriprofessionnelle se fonde sur le partage de l’information et la mise en place de protocole d’actions. Pour sa part, le pharmacien peut être une source d’information pour l’ensemble des interlocuteurs. Il peut détecter un risque de mésusage ou un signal d’appel d’une évolution défavorable des traitements et alerter dans les meilleurs délais les autres professionnels. »

Las, le même jour un autre article du quotidien du pharmacien annonce que la baisse des revenus des officines se poursuit et éclaire bien plus nettement cette soudaine envie de synergie des pharmaciens, leurs idées désintéressées et leurs grandes connaissances à mettre en valeur sur les pansements.

 

À la semaine prochaine !

 

 

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