Négociations interprofessionnelles : les syndicats divisés

Un point d'étape a été signé le 23 juillet entre l'Assurance maladie et les professionnels de santé libéraux, dans le cadre des négociations interprofessionnelles sur les soins de proximité.

Mais à l'heure où un accord définitif aurait dû être conclu avant la fin du mois de juillet, les dissensions syndicales ont conduit au report des prochaines réunions au mois de septembre. Et les syndicats infirmiers ne sont pas les derniers à porter leurs différends en place publique.

Tandis que le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (SNIIL) salue « un point d'étape important » avec la signature de ce premier texte, l'Organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux (ONSIL) dénonce pour sa part « un marché de dupes ».

Le SNIIL estime que « la signature de ce premier accord avec l’Assurance maladie laisse, au final, la possibilité aux professionnels de santé libéraux de rester maîtres de l’organisation des soins de ville ». Il permettra en effet d'utiliser deux types d'outils juridiques pour mettre en œuvre la coordination des équipes libérales : l’ACIP (accord cadre interprofessionnel) et les ACI (accords conventionnels interprofessionnels). « Par ce biais, c’est donc bien l’ensemble des professionnels de santé libéraux qui pourront voir leurs intérêts défendus au mieux », se félicite le SNIIL. Estimant que « l’avenir des infirmières et infirmiers libéraux nécessite l’intérêt de tous », le syndicat « regrette toutefois l’absence de deux syndicats infirmiers libéraux, dont la FNI, à la plupart des séances de travail ».

De son côté, l'ONSIL n'hésite pas à tacler sévèrement le SNIIL et à critiquer vertement l'accord. « Cette signature opérée sur un coin de table est le reflet du flou artistique qui entoure ces pseudos négociations dont le but avoué est de favoriser la coordination entre tous les acteurs de soins de proximité, mais dont les conséquences cachées sont une réelle braderie des soins infirmiers », dénonce l'Organisation.

Elle s'inquiète notamment des conséquences des futurs ACI, qu'elle qualifie de « menace ». « Ce jeu de dupes n'a pour but que de redonner la main de manière définitive aux Agences régionales de santé (ARS) et au ministère, qui seraient les seuls maîtres à bord pour négocier avec les professionnels de santé », pointe l'ONSIL.

« On imagine les pressions exercées localement, ironise l'organisation. La mode étant aux Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), les infirmières n'auront qu'une alternative : entrer dans une MSP ou déménager. Sans compter le côté excessivement dispendieux de ces structures dont le financement interdira toute revalorisation de nos actes ».

Considérant que « la place donnée aux infirmières libérales dans cette coordination n'est pas suffisamment visible pour obtenir l'aval de l'ONSIL », l'organisation a décidé de ne pas signer l'accord le 23 juillet. Et dès le 30 juillet, elle annonce qu'elle « compte bien se faire entendre afin que la profession soit réellement défendue par de vrais syndicats professionnels et non par des promoteurs de MSP pilotées par des médecins ».

 

 

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