Maternité : anticiper pour rester sereine (2ème partie)

Lorsqu’elles sont enceintes, les infirmières libérales ont droit à une prise en charge de la part de l’Assurance maladie, de la Carpimko ainsi que de leur prévoyance si elles en ont une. Le choix de cette assurance doit être réfléchi afin de se garantir une bonne couverture et un bon suivi de dossier. Deux Idels témoignent des difficultés rencontrées.  

 

Savoir bien s’entourer

Karin est Idel en Ile-de-France depuis octobre 2017, tout comme son mari. « Pour ma première grossesse, j’ai travaillé jusqu’à six mois environ, témoigne-t-elle. Mon médecin voulait m’arrêter avant, mais je ne parvenais jamais à joindre mon courtier pour obtenir des informations sur les garanties de ma prévoyance. J’ai donc prolongé ma capacité à travailler au maximum. » Mais vers le sixième mois, une patiente lui tombe dessus lors d’un soin à domicile. Karin se met en arrêt, avant le début de son congé légal. Les difficultés commencent… Elle contacte sa prévoyance et envoie son dossier rempli par son médecin. « Il a été refusé, se remémore Karin. On m’a répondu que je ne présentais pas de grossesse à risque et aussi qu’il appartenait à mon courtier de gérer mes rapports avec ma prévoyance. » Mais son courtier ne lui répond plus. « Je me suis retrouvée en difficulté financière avec une dette à gérer », ajoute-t-elle. La situation devient très compliquée émotionnellement et financièrement lorsqu’en septembre 2019, Karin, toujours enceinte, perd son enfant. « Nous avons dû payer des obsèques alors que nous n’avions plus d’argent », se rappelle-t-elle. Conseillée par son expert-comptable, elle décide de changer de courtier, « ce qui m’a mise en confiance », assure-t-elle. Et de poursuivre : « Je suis retombée enceinte très rapidement, dès décembre 2019. J’ai alors eu des craintes par rapport à ma prévoyance puisque je venais tout juste d’en changer. » Mais pour cette deuxième grossesse, tout se déroule pour le mieux : en congé pathologique en mars 2020, après les 15 jours de carence prévus au contrat, sa prévoyance l’indemnise jusqu’au début de son congé légal, puis l’Assurance maladie prend le relai. En parallèle, Karin a mis de l’argent de côté pour vivre le plus sereinement possible d’un point de vue financier sa grossesse, ce qui lui a aussi permis de repousser d’un mois la reprise du travail. « Je n’ai jamais récupéré l’argent de la part de ma première prévoyance, qui m’a même appelée pour essayer de me ″récupérer″ », s’étonne-t-elle. Son conseil : bien choisir son courtier, avoir confiance, poser tout de suite les bonnes questions concernant notamment les conditions d’arrêt de travail et bien calculer les charges qu’il va rester à payer.

 

Enceinte pendant la crise sanitaire

De son côté, Anne, idel en Ile-de-France, vit sa première grossesse pendant la crise sanitaire. « J’ai travaillé jusqu’à fin février 2020, soit jusqu’à un mois avant le début de mon congé pathologique », explique-t-elle. Naturellement, elle fait appel à sa prévoyance. « J’ai envoyé l’arrêt rédigé par mon médecin, mais mon assurance m’a renvoyée un dossier à remplir avec des examens complémentaires à effectuer, pour justifier de mon arrêt, fait-elle savoir. Etant dans mon dernier trimestre de grossesse, en pleine crise sanitaire, il était compliqué pour moi d’effectuer tous les examens demandés. J’étais démoralisée devant le nombre de documents à remplir et d’examens à fournir sans pour autant être sûre que mon dossier allait être accepté. » Comme sa prévoyance applique quatre jours de carence, Anne allait donc, en tout et pour tout, bénéficier de 15 jours d’indemnités. Elle décide finalement de ne rien demander. « Je ne voulais pas avoir de dossier enregistré à mon nom, par crainte que si un jour j’ai vraiment besoin de ma prévoyance, elle refuse de m’indemniser en raison de l’antériorité de mes demandes, ajoute-t-elle. J’en arrive à raisonner de cette manière, alors que je cotise depuis quatre ans à cette prévoyance. Mais ayant peur d’avoir à payer plus, j’évite de faire appel à eux. » Anne, qui avait anticipé son projet de grossesse, avait mis de l’argent de côté, ce qui lui a permis d’avoir de la trésorerie pendant son arrêt. « Mais je ne pensais pas avoir à dépenser autant à la suite d’un premier enfant », reconnaît-elle. D’autant plus que l’Assurance maladie l’a indemnisée tardivement, en raison de documents perdus. « Avoir un enfant en libéral, c’est sûr que ce n’est pas la même chose qu’en salariat, il faut anticiper ! », conseille-t-elle.

 

L. M