Loi de santé : le Sniil formule ses contre-propositions

Suite à la présentation du projet de loi Santé par Marisol Touraine le 8 juillet, le syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) présente ses contre-propositions

Le Sniil estime en effet que certains mesures sont inadaptées et doivent être revues voire supprimées :

– Il réclame notamment la suppression de la mesure prévoyant de « permettre à des infirmiers, sous la responsabilité d’un médecin, d’assurer des actions de prévention des comportements à risque en matière de sexualité ». Le Snill note qu’« en obligeant l’infirmière à se trouver sous la responsabilité d’un médecin , la future loi de Santé limite donc, de fait, une mesure déjà prévue dans le Code de la Santé Publique, ce qui aura pour conséquence de porter atteinte aux compétences infirmières et de restreindre l’accès de la population à la prévention ».

– Le syndicat rejette également « la possibilité pour les pharmaciens d’administrer certains vaccins sur prescription ». Il souligne que « le référentiel de compétences des pharmaciens d’officine ne fait pas état de tels actes techniques ». Pour le Sniil, « en proposant aux pharmaciens de vacciner, la future loi de Santé oblige donc à un remaniement total des textes en vigueur : ce qui prendra du temps et retardera l’accès de la population à la vaccination. Et pourrait, à terme, entraîner un glissement de compétences préjudiciable pour les infirmières ». Au lieu d’une autorisation de vacciner pour les pharmaciens, le Sniil propose « d’élargir le droit infirmier à vacciner avec information du médecin traitant ».

– Par ailleurs, le Sniil est contre la création d’un numéro de permanence des soins ambulatoire, qui limiterait, selon lui, « l’accès aux soins de premier recours à une simple conversation téléphonique ». Il demande donc au ministère de la Santé de « reconnaître les infirmières comme professionnelles de santé de premier recours ».

Le syndicat réclame également la « prise en compte des réalités des infirmières libérales », notamment par une « meilleure définition et reconnaissance des missions infirmières en termes de prévention, suivi et prise en charge des patients en soins psychiatriques et prescription ».

Il souhaite aussi « la reconnaissance du statut de maître de stage rémunéré aux infirmières libérales », « l’engagement d’une concertation sur la définition de pratiques avancées » et « pour le DPC, la mise en place d’une commission scientifique infirmière indépendante ».

Enfin, le Sniil « exhorte le ministère de la Santé à ne prendre aucune disposition, dans la future loi de Santé, allant à l’encontre de l’Ordre infirmier »

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