Les infirmiers libéraux épinglés sur l’hygiène

Une enquête de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France, réalisée auprès de 206 infirmiers libéraux de Seine-et-Marne en 2012, montre que ces derniers ont des difficultés à mettre en œuvre les recommandations pour la prévention des infections liées aux soins à domicile. 

« Au total, 7 IDEL sur 206 (3,4%) satisfont à l’ensemble des recommandations relatives à une bonne hygiène des mains », constate l’étude. En effet, seuls 45% des infirmiers déclarent se laver les mains systématiquement avant les visites. Pour cela, 82% d’entre eux utilisent uniquement du gel hydro-alcoolique et 77% veillent à ce que celui-ci soit virucide. Par ailleurs, 52 seulement satisfont aux recommandations d’avoir à la fois des ongles courts et sans vernis. « À noter que 5 infirmières portent de faux ongles », pointe l’enquête, qui relève que « seulement 37% des personnes interrogées déclarent ne porter aucun bijou ».

L’enquête révèle également que le port des gants n’est pas systématique : « seuls 29% des IDEL portent toujours des gants lors des soins ». L’étude montre qu’à peine plus de la moitié des infirmiers interrogés avaient leurs vaccins (DT-Polio, coqueluche, rougeole, hépatite B) à jour. De plus, seulement un quart d’entre eux disposent d'un produit conforme pour le nettoyage d'une plaie en cas d'accident d'exposition au sang (AES). Or, « 30% des infirmiers à domicile ont déjà eu un AES », signale l’enquête.

Dans ses conclusions, l’étude relève que ces « nombreux manquements » peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs : « une gestion souvent difficile de l’environnement de travail des IDEL, les patients n’ayant pas souvent conscience de la nécessité d’un environnement adapté aux soins ; des équipements mal adaptés aux besoins des infirmières et au caractère ambulatoire des soins ; une communication hôpital-ville insuffisante qui ne permet pas aux infirmiers libéraux d’analyser les risques infectieux potentiels». Enfin, la rémunération des soignants est jugée « insuffisante au regard de l’investissement en temps et en équipements nécessaires au respect des bonnes pratiques ».

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