Les aides soignants voudraient faire des dextros et on ferme une cpam toute l'aprés midi pour un pot d'adieu : La semaine infirmière n°11!

Après la brève incartade savoyarde (mais sans la fondue ce qui, au fond, et un vrai scandale…) nous voici de retour aux formes classiques : alors que s'est-il passé cette semaine pour les infirmiers ?

Les aides soignants pourront-ils faire les dextros?

Le ministère des affaires sociales et de la santé s'interrogerait sur la possibilité de laisser faire des dextros par les aides soignants en absence d'infirmier (source infirmier.com), notamment pour les EHPAD (Etablissement d'Hebergement pour Personne Agée Dépendante)  où, vous commencez à le savoir puisque c'est un air connu, "on manque d'infirmiers" (le jour, la nuit etc.).
Les syndicats SNPI et CONVERGENCE INFIRMIERE ont alors réalisé des sondages qui montrent que toute la profession infirmière, sans surprise, s'y oppose (source santelog) (par contre à notre connaissance aucun sondage n'a été fait chez les aides soignants… Après tout, en ont-ils envie?)

A la rédaction ce sujet nous a divisé toute la semaine, simplement parce qu'on ne comprend pas bien le but de la démarche… En effet, puisque les techniques de dextro évoluent et que probablement d'ici quelques années à peine ils se prendront sans contact, voire automatiquement, et iront directement dans le dossier électronique du patient ( pour le "sans contact" voir le glucomètre "free style" de chez Abbot  tout en ne perdant pas de vue qu'il n'est pas encore assez fiable pour se suffire sans dextro classique. (source actusoin)
Quel sens aurait encore une interdiction de ce geste pour les aides soignants?

Mais d'un autre coté, quel sens a un dextro "en l'absence d'un infirmier"? En effet, "faire un dextro" ce n'est pas juste piquer un doigt et recueillir une goutte de sang, c'est avant tout lire un résultat et l'analyser en fonction du patient et ce, encore plus precisement dans le cas très particulier de la gériatrie, où les normes acceptables ne sont pas les même que dans la population générale. En clair, à quoi vont servir ces dextros que feront les aides soignantes… si personne ne les lit ? A quoi bon faire un dextro dans la nuit, si personne ne peut agir avant huit heures du matin ?

Si on poursuit dans ce sens, la logique voudrait donc qu'après le dextro les aides soignantes puissent faire des adaptations de dose d'insuline en cas de besoin. Sauf que les aides soignantes n'ont pas de rôle propre et ne peuvent agir que sur délégation de taches. Mais délégation de taches de qui si elles sont seules, précisément ? De la dernière infirmière qui est partie et dort chez elle sans aucun moyen de vérifier ce qui se fait en se servant de son diplôme? A un infirmier coordinateur qui gérera toutes les EHPAD d'un secteur au téléphone et qui donnera des consignes probablement sans connaître le patient? Sans vérifier le protocole ni l'administration ? Qui prendra ce risque ?

Enfin, encore une fois "le manque d'infirmier en EHPAD" semble donc servir à nouveau comme justification à tout. Mais la vraie question n'est-elle pas alors, pourquoi manque-t-on d'infirmier en EHPAD alors que le chômage s'étend dans la profession infirmière  (source le figaro.fr) ? Et puis est-ce vrai d'ailleurs ? Manque-t-on vraiment d'infirmiers en EHPAD ou bien refuse-t-on d'en recruter? Quoi qu'il en soit, à la rédaction on note que le manque de medecins généralistes à venir ne justifie aucun glissement de tache (et même pas la prescription d'antiseptique pour les pansements par les infirmiers… ) quand le "manque d'infirmiers en EHPAD" semble le nouveau mantra qui justifie a peu prés tout (astreintes de nuit, glycémies aux as etc…), mais que disait ce vieux Lafontaine déjà ? Ah oui, "Suivant que vous serez puissant ou misérable…".

Les infirmiers de rue

C'est en Belgique que ça se passe et plus précisément à Bruxelles ou deux infirmières ont eu cette idée étrange de partir avec un sac à dos à la rencontre des sans abris. Évidemment cette initiative est trop clairement connotée religieusement pour être applicable en France (source cathobel.be) (ce qui n'est pas une critique dans l'absolu mais un constat) mais à la rédaction on aime bien cette idée : on peut aussi être infirmier avec trois compresses et un sac à dos, et faire pourtant un travail très précis et efficace. Les soins infirmiers ne sont pas que techniques et leur efficacité est difficilement évaluable (surtout avec une horloge…) mais elle existe réellement.

Enfin, comme on dit sur internet "on dit ça, on ne dit rien…" 

Soigné grâce un implant imprimé en 3D

Un patient australien atteint d'un chordome (source orphanet) situé dans la nuque a été soigné grâce à un implant fait sur mesure en 3D (journal du geek ou la vidéo en anglais sur abc.net ) par la société anatomics (spécialiste de ce genre de produits et qui avait aussi fait un morceau de sternum  (source ouest france) pour un autre patient).

Même si on reste trés attachés a l'idée que c'est l'humain qui est au cœur du soin, à la rédaction on avoue que cette idée de produire des bouts de corps, sur mesure pour un patient, est , quand même, à proprement parler fascinante et ouvre des perspectives incroyables.

Le gagnant de la semaine.

Alors haut la main cette semaine, tous nos bon vœux pour le départ à le retraite d'Alain Brousse, le directeur de la CPAM de Bayonne. Et pour l'occasion la cpam de Bayonne a été fermée, un après midi entier (source le republicain lorrain) !!
Et à ceux qui râlent on leur dit "qu'ils peuvent toujours aller sur internet voir leur compte ameli"…
Mais peut être est ce là une nouvelle façon à la cpam de rendre les rtt.

Voilà, voilà…

A la semaine prochaine !

 

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