La Drees compte 616 796 infirmiers, l’ONI conteste

616 796 infirmiers en France métropolitaine et DOM, dont 98 249 IDEL. C’est l'estimation publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dans un document comptabilisant le nombre de professionnels de santé en France.

Ces chiffres se basent sur le nombre de professionnels de santé inscrits dans le répertoire Adeli de l’Assurance-maladie ou dans le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS). Cependant, la Drees elle-même souligne que « le répertoire Adeli présente des fragilités qui justifient que l’on considère avec précaution les statistiques présentées ».

En effet, « les professionnels ne sont pas réellement incités à se désinscrire du répertoire (l’inscription étant gratuite) lorsqu’ils cessent leur activité temporairement ou définitivement. Par ailleurs, ils ne signalent pas systématiquement les changements de situations professionnels ». Et enfin, certains professionnels (notamment les infirmiers) semblent tarder à faire enregistrer leur diplôme au répertoire. Ainsi, « le répertoire Adeli sous-estime potentiellement les jeunes professionnels en activité et sur-représente les plus âgés », note la Drees.

L’Ordre national infirmier (ONI) a réagi à cette publication en plaidant pour « une inscription obligatoire à̀ l’Ordre national des infirmiers pour des statistiques fiables à̀ l’instar des autres grandes professions de santé́ disposant d’un Ordre ».

« Chaque année, la Drees publie de telles statistiques tout en reconnaissant qu’elles sont fausses ! », s’insurge Didier Borniche, président de l’ONI, qui rappelle qu’« une des principales priorités de la future loi de santé est d’organiser sur chaque territoire une offre de santé accessible à tous ».

Et de s’interroger : « comment peut-on viser un tel objectif à partir de statistiques que le ministère de la Santé reconnaît lui-même comme étant erronées et surévaluées ? Cet aveu prouve que l’administration ne peut tout faire et qu’elle doit s’appuyer sur les acteurs de la santé », estime-t-il. « L’inscription obligatoire au tableau de l’Ordre avec une cotisation modique constitue, comme le reconnaît le ministère, un mécanisme assurant la production de statistiques actualisées et fiables », ajoute Didier Borniche.

« J’appelle donc le ministère de la Santé, les Agences régionales de santé et les établissements employeurs à travailler en partenariat avec l’Ordre et à promouvoir l’inscription au tableau », conclut-il.

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