Un infirmier s’enchaine dans une caisse CPAM.

Mardi 20 Mars un infirmier libéral du cotentin s’est enchainé pendant une heure au bureau de la directrice de la caisse de CPAM de Cherbourg. Interview exclusive.

Tout a commencé lorsque Florent a reçu un épais recommandé de sa caisse de CPAM. À l’intérieur, une liasse de feuilles lui signale une liste de soins sur lesquels la caisse fait des remarques pour « soupçon d’irrégularité » et lui demande de se justifier.

« Dès que je l’ai reçue, je me suis dit que ça y est, c’est pour moi… », nous confie Florent. Ce courrier est la première démarche des caisses lors d’un contrôle et si l’infirmier ne peut pas justifier ses soins, il risque une plainte et des poursuites judiciaires. « Je connais ce type de courrier et dès que je l’ai reçu je me suis mis à ne plus dormir, 15 000 euros c’est la fermeture de mon cabinet ! Je sais que je cote mes soins correctement, mais je sais aussi qu’une de mes collègues dans le même cas a cherché à justifier tous ses soins mais qu’on lui a reproché alors d’avoir fait des justificatifs antidatés. Alors j’ai appelé mes collègues et je leur ai donné rendez-vous à la CPAM ».

Là, il s’est procuré une chaîne et deux cadenas puis il est rentré dans le bureau de la directrice de la caisse et s’est attaché au bureau en demandant à s’expliquer. La caisse a alors appelé les forces de l’ordre et fermé ses portes avec une demi-heure d’avance.

Plusieurs collègues de Florent sont restés devant les portes fermées et ont répondu à des interviews pour la presse locale. La directrice de la caisse a alors quitté le bureau en laissant Florent seul puis les forces de l’ordre sont venues le déloger au bout d’une heure avec la promesse du directeur départemental de le rencontrer et d’étudier son dossier.

Le lendemain Florent a la surprise de voir que la caisse porte plainte contre ses collègues infirmiers pour avoir molesté et insulté une employée « Je suis très étonné car tous les témoins sur place, que ce soit la police ou même les forces de l’ordre, personne n’a rien vu ! ». Le directeur départemental explique qu’il a dû porter cette plainte pour pouvoir faire intervenir la police « Mais je ne comprends pas, c’est moi qui ai causé le désordre, pas mes collègues ! ».

Florent ne sait pas encore quelle suite il va donner a tout cela et souhaite d’abord rencontrer le directeur pour s’expliquer « Mais pas par téléphone, je veux lui parler avec des témoins ! », il conclut « De toute cette histoire j’ai surtout vraiment l’impression que plus tu es honnête dans tes cotations, plus tu prends de risques… C’est le bordel ! »

Olivier Blanchard

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