Edit 25/10 Grève nationale le 8 novembre : une semaine infirmière !

C’est bien évidemment le fait de la semaine : à l’appel de 16 organisations infirmières, toutes affectations et toutes spécialités confondues, une grande journée d’action est prévue le 8 novembre à Paris.

Les revendications sont multiples et dans une lettre commune qui tourne sur internet il est dit notamment que « Les infirmières sont peu entendues, voir ignorées, dans la gestion et l’évolution du système de santé, alors qu’ils demeurent les professionnels de santé les plus nombreux de France et font pourtant face chaque jour à la réalité du terrain et à la dégradation des conditions d’exercice mettant en jeu la santé et la sécurité des soignants et des patients ».

Pour ce qui concerne précisément les infirmiers libéraux en libéral, la même lettre dénonce « la concurrence des structures de soins, parfois déloyale et non coordonnée avec les libéraux, une nomenclature obsolète et un refus de prendre en compte toutes les compétences infirmières et la notion de temps imposée dans les soins menace la profession ». En conclusion « Véritable enjeu de santé publique, la sécurité et la qualité des soins n’est plus assurée en France ».

En pratique

Le rassemblement est prévu à 10h sur le parvis de la Gare Montparnasse .
Passage du cortège vers 12 h30 devant le ministère des affaires sociales et de la santé rue Duquesne où une audience sera demandée au ministère.
Dispersion vers 15h.

Les 4 syndicats nationaux ensemble

L’ONSIL Appelle les infirmières individuellement à se rendre à Paris le 8 novembre et il en profite aussi pour faire un courrier et un plaidoyer adressé aux candidats de la présidentielle afin de leur expliquer les problèmes que rencontre actuellement la profession (avec en particulier le harcèlement par les caisses et les ik de Savoie).

La FNI pour sa part « s’associe encore à une revendication portant sur une meilleure gestion et revalorisation des ressources humaines. Elle déplore en effet la dégradation des conditions d’exercice et de rémunération subies par les infirmières hospitalières qui les incitent à s’installer massivement en libéral dans un contexte très peu favorable. À l’heure où les structures SSIAD/HAD n’hésitent pas à détourner la patientèle des IDEL à leur profit, où le zonage mérite d’être très rapidement réactualisé, ce flux est susceptible de mettre l’ensemble de l’exercice libéral en tension concurrentielle ».

Convergence infirmière souhaite « éveiller les consciences et mettre fin au discrédit d’une profession en souffrance. On ne compte malheureusement plus le nombre d’agressions, le nombre de « burn-out », ni même celui des suicides… Et que dire de ceux qui, dégoûtés, préfèrent jeter l’éponge ? Comment peut-on en arriver là : abandonner un si beau métier ? Le rêve de toute une vie, pour nombre d’entre nous… »

Le SNIIL enfin reprend les revendications communes de la grève et y ajoute des demandes spécifiques « les infirmières libérales, professionnelles de santé les plus proches de la population par leur nombre mais aussi par leur répartition sur le territoire, revendiquent également :
• des concertations régulières, au même titre que les médecins, sur tous les sujets de santé publique (exemple : débat sur la vaccination s’effectuant sans infirmières libérales !),
• une consultation de leurs représentants pour tout changement dans leur exercice (exemple : mise en place de délégation d’actes infirmiers aux aides-soignants réalisée sans aucune concertation !),
• une protection maternité identique à celle prévue pour les femmes médecins dans le PLFSS 2017,
• et, surtout, la prise en compte de l’ensemble de leurs compétences qui, si elles étaient toutes utilisées, pourraient être source d’économies. Et c’est ainsi qu’au lieu de chercher à rogner comme d’habitude dans le budget de la Sécurité sociale (4Mds€ d’économies prévues dans le PLFSS 2017), le gouvernement devrait avoir le courage politique de donner aux infirmières libérales de nouvelles attributions (suivi des malades chroniques et des personnes âgées en risque de dépendance avec information au médecin traitant ; élargissement du droit infirmier à vacciner…). Ou plus simple encore, de permettre l’inscription dans leur nomenclature de nouveaux actes (suivi infirmier en surveillance post-ambulatoire de plusieurs pathologies ; prise en charge de patients psychiatriques…)
 ».

Et sinon ?

Et sinon la dernière grande grève infirmière date de 1988 et on en parlait déjà au journal télévisé. Ce qui est terrifiant, c’est que presque n’a rien changé !

À la semaine prochaine !

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