« Cette année j’ai vu 30 % de patients en moins ! » Bilan d’une Idel qui a vécu la vaccination antigrippale en pharmacie

Au début de la campagne de vaccination contre la grippe nous avions interrogé une infirmière de Bordeaux qui se retrouvait en concurrence directe avec les pharmaciens (https://inflib.com/tag/vaccination/).

Alors que la vaccination va être étendue pour toute la France chez les pharmaciens en 2019 (https://www.ameli.fr/pharmacien/actualites/experimentation-de-la-vaccination-antigrippale-en-pharmacie-pres-de-160-000-vaccinations) nous avons souhaité faire avec elle un bilan de son activité sur cette campagne.

 

Cette année, comme l’année dernière, Ariane a mis en place une permanence à son cabinet de 13 heures à 16 heures pour proposer une plus grande amplitude horaire pour les vaccins contre la grippe. Elle avait même prévu d’augmenter cette amplitude horaire si le besoin s’en faisait sentir… Mais ça n’a pas été la peine : « Alors que nous avions vu plus de 120 patients l’année dernière, cette année nous sommes en dessous de 100 visites pour des vaccins soit une variation de 25 à 30 %. Bien évidemment nous n’avons pas contacté les patients pour savoir pourquoi ils ne sont pas revenus ni même s’ils se sont fait vacciner à nouveau cette année. Mais une chose est sûre, nous avons eu très peu de nouveaux patients et quasiment tous ceux qui sont passés nous voir étaient venus l’année dernière ou sont nos patients chroniques. Ce qui me semble logique : tous ceux qui n’ont pas l’habitude de voir leur infirmière se sont probablement fait vacciner lors de la vente du vaccin dans la pharmacie… ».

Ariane nous avait évoqué aussi des difficultés avec les pharmaciens de son secteur « Et ça ne s’est pas vraiment amélioré ! Avec ma collègue nous avons un DU plaie et cicatrisation donc nous voudrions monter un projet de consultation spécialisée pour les plaies chroniques. J’ai essayé d’en parler avec certains pharmaciens mais je les sens attentistes, comme s’ils avaient une idée derrière la tête. Pourtant, quand je vois la différence entre ce que je prescris et ce qui est délivré au patient, cette fois une formation de deux jours ne suffira pas pour les mettre à jour sur les pansements… ».

 

Olivier Blanchard

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